Qui n’a jamais vu un hérisson écrasé sur le bord de la route ? Malheureusement ces observations macabres sont trop fréquentes à notre goût et probablement au vôtre également. Mais quelle est réellement l’ampleur de la mortalité routière ? Les hérissons adaptent ils leur comportement à ce danger ? En quoi l’Opération hérisson peut elle être utile pour préserver cette espèce ? C’est ce que nous allons tacher de vous présenter aujourd’hui !

Tout d’abord, estimer le nombre de hérissons qui succombent aux collisions routières est encore difficile. En effet, la majorité des estimations sont basées sur des individus amenés en centres de soins. Néanmoins, ces chiffres ne prennent pas en compte les hérissons déjà écrasés, qui ne peuvent plus bénéficier d’une quelconque aide. Plusieurs études ont été menées afin d’estimer cet impact et celui-ci, comme vous pouvez vous en douter, n’est pas des moindre : 70 000 à 100 000 hérissons par an au Danemark, 230 000 à 350 000 en Belgique et 113 000 à 340 000 en Angleterre … Au Pays-Bas, les scientifiques estiment qu’elle réduirait la densité des populations de 30 % et que cela pourrait affecter la survie d’une population au niveau local.

Un hérisson se situant sur une route dans une forêt - @Pixabay

De plus, la mortalité routière peut différer suivant le sexe, la période de l’année ou encore l’âge ! En effet, les mâles seraient plus victimes des collisions que les femelles. 70 % des cas de mortalités concernaient les mâles aux Pays-Bas, 65 % en Irlande et 60 % en Suisse. Les pics d’écrasement correspondraient aux périodes de reproduction pendant lesquelles les mâles sont amenés à parcourir plus de distance. Les femelles quant à elles seraient plus victimes des collisions un peu avant l’hiver : période vitale pour elles. Après s’être occupées des petits, elles doivent faire le maximum de réserves pour passer la saison froide et survivre. Cette nécessité les pousserait à augmenter leur fréquence de traversée des routes. Dans les individus les plus impactés par la mortalité routière, on retrouve également les jeunes hérissons de moins de 2 ans. Plusieurs hypothèses ont été émises dont le manque d’expérience associé à la jeunesse ou encore leur taille plus petite qui les rendrait moins détectables par les automobilistes. Le problème qui peut être posé à termes est que cela mette en danger la survie des populations. En effet, les mâles seraient matures à partir de 2 ans, alors comment renouveler les populations si le nombre d’individus sexuellement actifs diminue?

Rassurez vous, tout n’est pas triste dans cet article, nous allons vers des nouvelles plus positives. Et oui, certains individus adapteraient leur comportement à ce danger. De fait, des études ont montré que plus le trafic, la vitesse des véhicules et la largeur de la route étaient importants, moins les hérissons prendront le risque de la traverser ou ils le feront aux horaires avec le moins de passage. Si ces différents facteurs sont constants, voire s’il y a une augmentation du trafic et de la vitesse, la route devient une barrière pour les hérissons. Cette barrière a des points positifs et négatifs : le danger est évité puisque les animaux ne traverseront plus mais, la population risque de s’isoler des autres.

Et l’Opération hérisson dans tout ça ? Ce programme de sciences participatives a pour objectif d’améliorer les connaissances sur la population de hérissons en France. En effet, grâce à vos observations nous avons une idée plus précise de comment se porte notre mascotte au niveau national. Pourquoi est-ce important que vous signaliez les hérissons morts ? Même si nous les préférons vivants et de préférence en pleine forme, ces individus constituent un indice de présence de l’espèce pour nous. Que pouvons-nous faire de concret à partir de ces données ? Notre objectif serait de travailler avec les communes sur les zones d’écrasement ou de concentration d’individus afin que des mesures préventives soient mises en place grâce à vos observations.

Alors agissez à nos côtés en participant à notre programme de recensement des hérissons. Vivant ou mort : signalez nous vos observation via notre site. On vous retrouve dans deux semaines pour notre prochain article sur le hérisson : nous vous présenterons les mesures qui peuvent être mises place pour la survie de notre mascotte.

Article précédent Article suivant