Exceptionnellement cette semaine, on partage sur notre site l'article de la semaine, habituellement posté sur nos réseaux sociaux ! Petit focus donc sur un grand prédateur revenu par chez nous, le loup !

Le loup (Canis lupus), est un canidé vivant dans de nombreux types d’habitats naturels en groupe familiaux appelés « meutes ». On dit que c’est une espèce « plastique », car il sait s’adapter à son milieu en fonction de la disponibilité alimentaire. Ainsi, on peut le retrouver aussi bien en montagne qu’en plaine. D’ailleurs, historiquement, le loup occupait toute la campagne française ! Toutefois, il a besoin d’espace et de tranquillité, denrées rares à l’heure actuelle.

Son retour en France date officiellement de 1992 ; arrivé depuis l’Italie, il est remonté dans les Alpes du sud. Il n’a donc pas été réintroduit. Son recolonisation du territoire est naturelle, et s’est déroulée sur plus de 20 ans. On compte aujourd’hui 128 meutes sur le territoire français, ce qui représente environ 920 individus (source OFB). En comparaison, on compte 1500-2000 loups en Espagne, plus de 1000 en Allemagne et plus de 3000 en Italie.

Cette espèce, fortement soumise aux pressions anthropiques, est « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN en France, et classée en « préoccupation mineure » sur la liste rouge mondiale. Car malgré leur protection, ils demeurent la cible de braconnage illégal, du fait de conflits d’usages que leur présence sur le territoire suscite. Par ailleurs, la France utilise les dispositions de la Directive européenne Habitats-Faune-Flore et autorise, sous certaines conditions, que les loups puissent être abattus suite à des dommages aux troupeaux. En 2022, 19 % de la population de loups peut ainsi être abattue.

Parlons maintenant du loup en lui-même. Comme dit précédemment il vit en meute. Les meutes comportement généralement 2 à 6 individus, se composant d’un couple dominant reproducteur, de ses jeunes de l’année et ceux de l’année précédente. Le couple reproducteur ne fait qu’une portée par an, composée de 4 à 8 louveteaux. La mortalité est toutefois très importante chez les jeunes, de l’ordre de 50%. Ils quittent la meute entre 1 et 4 ans. Ce phénomène, appelé dispersion, s’explique par la recherche de partenaire pour la reproduction et par la compétition pour l’accès à la nourriture. C’est cette dispersion qui permet la dynamique des populations et ainsi la colonisation de nouveaux secteurs et le brassage génétique.

Le loup est carnivore, et peut consommer de 2 à 5 kg de viande par jour. Son régime s’adapte en fonction de son habitat. Ses proies principales sont les ongulés sauvages (chamois, mouflons, chevreuils, cerfs, sangliers, etc.), et contribue ainsi à la régulation des populations d’ongulés dans certaines régions. Le loup ajuste ses effectifs aux ressources disponibles, et ne sera jamais la cause de disparition de proies. Cependant, quelle que soit la densité de ces proies naturelles, les tentatives de prédation sur le bétail persistent chaque année. Les pouvoirs publics ont mis en place différents programmes de soutien pour accompagner le pastoralisme en zones à loups. Aujourd’hui, les animaux d’élevage prédatés sont indemnisés et des moyens de protection sont financés par l’Etat et fonds européens. Plusieurs techniques de protection directe des troupeaux ont fait leurs preuves : berger, aide-berger, chiens de protection (patous), parc de regroupement, effaroucheurs, etc. La présence humaine auprès d’un troupeau est également essentielle, mais parfois les contraintes économiques ne permettent pas d’assurer une présence humaine constante.

Un programme de l’association Ferus a été mis en place. Appelé Pastoraloup et basé sur l’éco-citoyenneté, il propose une aide complémentaire aux éleveurs en formant des personnes bénévoles, le temps d’une saison, pour garder les cheptels, entre autre.

Nous espérons que vous avez apprécié ce format et on se retrouve lundi prochain pour une nouvelle espèce à découvrir !

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