Le hérisson d’Europe est un petit mammifère nocturne : il sort de sa tanière au crépuscule. Craintif, au moindre danger il se roule en boule, ne laissant à disposition de ses éventuels agresseurs que ses quelques 6000 piquants. Du fait de son activité nocturne, l’évolution a favorisé son odorat et non pas sa vue, odorat qui lui permet de détecter la présence d’une larve à 3 cm sous terre !

Il aime les endroits ouverts où il peut trouver des structures verticales pour l’abriter tels des prés ou jardins bordés de haies ou les lisières de bois. Il a tendance à composer son nid avec des feuilles, de la mousse ou des herbes, avec lesquelles il forme un tas sous lequel il se cache.

Du fait de la perte et de la fragmentation de leur habitat, l’évolution récente a favorisé les parcs et jardins des villes comme habitat préférentiel du hérisson. On le trouve moins en forêt, habitat dans lequel il ne trouve pas assez de nourriture. En campagne, il préfère donc les lisières, les bocages et les prairies bordées de haies. Des études ont par ailleurs démontré que le hérisson est considéré en ville comme une espèce parapluie. Plus concrètement, sa présence au jardin est le signe d’une biodiversité riche et traduit l’existence d’autres espèces, à l’instar de la fouine ou de l’écureuil ! Bonne nouvelle, non ? En mars, lorsqu'il quitte son gîte d'hiver après l'hibernation, le hérisson a besoin de se remplir la panse ! Lui qui peut atteindre jusqu'à 1.5 kg à l'automne, ne pèse généralement plus que 500 à 600 grammes au mois d'avril et parcourt alors jusqu'à 4 km par nuit pour se nourrir.

Mais que mange-t-il ?

Le hérisson est omnivore à tendance insectivore, c’est-à-dire qu’il mange de tout, mais préfère les insectes et les gastéropodes, tels que les limaces ou les escargots. Ainsi, coléoptères, scarabées en tout genre, larves d’insectes, chenilles ou encore araignées composent son repas. Qualifié d’opportuniste, il mange tout ce qui se trouve sur son passage, y compris des œufs, oisillons, petits reptiles tels que lézards ou orvets ou même jeunes mammifères comme des souris ou des rats. Outre les protéines, le hérisson est également friand de petits fruits et de graines.

Ainsi, incroyable prédateur naturel, il constitue une excellente manière de réguler les insectes et gastéropodes qui s’attaquent à nos cultures, sans avoir recours à des produits chimiques. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle l’ami du jardinier, n’est-ce pas ?

Vous l’aurez compris, le hérisson est un véritable auxiliaire de nos cultures qu’il fait bon avoir dans nos jardins…mais pas n’importe lesquels ! Il préfèrera un jardin plus naturel, dans lequel se trouve une biodiversité riche avec de nombreuses cachettes et une nourriture abondante. L’idéal est donc de lui proposer le gîte, comme des tas de bois ou de branches et le couvert, avec une végétation dense qui attirera de nombreux insectes pollinisateurs, eux-mêmes auxiliaires de culture, avec en prime un point d’eau. Une fauche tardive, raisonnée et/ou différenciée est donc un excellent moyen d’allier esthétique et biodiversité : car qui dit fauche tardive, dit fleurs et papillons en abondance !

Oust donc, les jardins à la française coupés au carré avec une biodiversité réduite ! Oubliez vos tondeuses pour un temps, le hérisson et votre jardin vous remercieront !

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