Il y a quelques semaines, on vous parlait de l’impact de la mortalité routière sur les populations de hérisson et de comment notre opération de recensement pouvait lutter contre celle-ci. Mais une fois les spots d’écrasement ou les zones de forte concentration d’individus repérés, quelles mesures préventives peut-on mettre en place pour notre mascotte ? Aujourd’hui on vous présente quatre types de mesures en faveur de la préservation de ce petit mammifère (les deux dernières peuvent être surprenantes) !

En premier lieu, il existe des mesures préventives pour rendre les routes perméables au passage des animaux. Mais quésaco ? Quand on veut rendre un axe perméable, c’est que l’on souhaite permettre aux animaux de traverser un axe dangereux pour eux. Des études ont démontré que malgré la construction de clôtures pour empêcher les hérissons de franchir une route, ces dernières diminuaient la viabilité de 30 % des populations. En effet, le hérisson semble plutôt têtu et peu longer la clôture jusqu’à sa fin. Pas la meilleure solution nous direz-vous. En revanche, lorsqu’on construit des passages à faune ou qu’on les couple à des clôtures, cela aurait un effet bénéfique pour les population. Qu’est-ce qu’un passage à faune ? C’est une voie permettant le passage de la faune qui peut prendre la forme d’un pont extérieur, souvent végétalisé et peu utilisé dans le cas du hérisson, ou d’un tunnel sous-terrain pour permettre aux animaux de traverser un obstacle en sécurité. Il ne reste plus qu’à gérer la présence de prédateurs dans ces tunnels … Et oui, le hérisson n’est pas le seul à les emprunter !

Ensuite, des mesures concernant la modération du trafic peuvent être mises en place. L'implantation de panneaux de limitation de vitesse ou de signalement du passage de hérissons permet d’avertir les conducteurs de la présence de ces petits mammifères. Évidemment cela repose sur la responsabilité de chacun de les prendre en compte et nous vous encourageons vivement à diminuer votre vitesse, notamment la nuit, pour éviter des collisions avec la faune sauvage. Ces mesures de modération peuvent également prendre la forme de ralentisseurs afin d’amener les conducteurs à adapter leur allure dans une zone sensible.

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La gestion de l’habitat est aussi une mesure pouvant être bénéfique au hérisson et pas que. Effectivement, en augmentant la qualité des milieux de vie des hérissons, la connectivité de ces espaces naturels entre eux et en ayant une meilleure gestion des accotements routiers, on améliore l’habitat principal de ce petit mammifère et de nombreuses autres espèces. L’objectif est de ramener de la biodiversité dans le milieu afin qu’il trouve toutes les ressources qui lui sont nécessaires. Ensuite, on croise les doigts pour que le hérisson ait moins envie d’aller voir si l’herbe est plus verte de l’autre côté de la route. Le point avantageux de cette mesure est que toutes les espèces et la nature en bénéficient, pas seulement le hérisson.

Enfin, la dernière mesure concerne le fait de repenser nos infrastructures routières. Pendant des décennies, nos routes n’ont pas été aménagées en prenant en compte la faune et la flore. Leur utilisation étant principalement humaine, elles ont été réfléchies par les humains, pour les humains. La prise en considération de la biodiversité dans les constructions d’infrastructures est une réflexion récente qui laisse encore à désirer : plus centrée sur la compensation que l’évitement. Les futurs aménagements devront être pensés autrement, notamment en tenant compte de la configuration des routes, de la matrice des habitats et des besoins des espèces présentes.

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Ces mesures comprennent un aspect financier indéniable mais elles ont de nombreux bénéfices à court, moyen et long termes. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Chez France Nature Environnement 25 on pense que oui ! Alors agissez à nos côtés en participant à notre programme de recensement des hérissons. Vivant ou mort : signalez nous vos observation via notre site https://herisson.fne25.fr/#/

Nous nous sommes principalement basé sur l’étude scientifique « Impacts and Potential Mitigation of Road Mortality for Hedgehogs in Europe », menée en partie par Lauren J. Moore, pour écrire cet article. Nous espérons qu’il vous a plu.

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